Pourquoi ai-je décidé de quitter mon entreprise ?

Je souhaite partager aujourd’hui avec vous un fou rire mémorable qui a été un important déclic dans ma vie. En effet, suite à cet évènement, j’ai pris la décision de quitter mon entreprise.

Ce fou rire s’est déroulé avec une collègue autour d’un café au milieu de notre belle cafétéria chez LGG (Le Grand Groupe). Le déclencheur : une phrase. « Si je vous gêne, c’est la même ».

Vous devez savoir que régulièrement, je sélectionne la « musique coup de cœur » du moment. Elle reflète généralement mon humeur du jour ou de la semaine. J’ai d’ailleurs réussi à partager ce petit rituel avec une collègue de bureau. En arrivant très tôt le matin, elle me demandait : « Fabienne, c’est quoi la musique d’aujourd’hui ? ». Nous écoutions la musique que j’avais sélectionnée et cela nous donnait la patate à toutes les deux pour affronter cette journée. Je pense que clairement nous en avions besoin !

Un café dans mon entreprise et une musique

Il y a déjà quelques mois maintenant, j’écoutais en boucle « La même » de Maitre Gims et Vianney. Je ne me posais pas vraiment la question pourquoi j’avais besoin d’entendre cette chanson. Je me disais que j’aimais bien sa voix et la mélodie.

D’ailleurs je n’avais retenu des paroles que le refrain qui, je vous l’accorde, est d’une terrible simplicité ! Tellement simple que ma fille de 2 ans et demi, qui a des difficultés à parler, arrive même à la chanter.

Eh, eh, aye aye aye 
Aye, aye, aye 
Si je vous gêne, bah c’est la même 
Si je vous gêne, bah c’est la même 
Eh, eh, aye aye aye 
Aye, aye, aye 
Si je vous gêne, bah c’est la même 
Si je vous gêne, bah c’est la même 

Au cours de cette période, je prenais un café avec une collègue. Je me plaignais auprès d’elle (pour ne pas changer, lol) de mon entreprise LGG. Je ne supportais plus les feed-back de ma hiérarchie. Cette dernière m’expliquait que je devais être différente. On me demandait d’être plus lisse, moins émotionnelle, plus discrète. Et si tout ça n’était tout simplement pas moi. Au cours de notre discussion, je lui ai dit spontanément et sans savoir vraiment pourquoi : « Je vais te faire écouter ma musique du moment ».

Mes amis entendez la vie que j’ai eu 
Où les gens m’attendaient, je n’suis pas venu 

Un déclic et je décide de quitter cette entreprise

C’était comme si nous étions seules dans cette superbe cafétéria de cette entreprise. Et moi qui n’ose jamais vraiment chanter (encore un complexe que je vais devoir combattre) et bien je m’y mets : « si je vous gêne, c’est la même ». Nous nous sommes mises à rire et à rire. Nous avons eu un véritable fou rire. Je venais de me rendre compte que je disais tout simplement « merde » à ma hiérarchie !

Et j’avoue que ça m’a fait un bien fou. Je me rendais compte aussi malheureusement que je n’avais jamais vraiment été à ma place. Cela paraissait maintenant une évidence !

Si je les emmêle, si je dérange 
C’est qu’je suis un pêle-mêle, un mélange 

Car oui je suis un véritable mélange de personnalités. Mais ne le sommes-nous pas tous un peu ? J’ai envie chaque jour d’utiliser le « en même temps » de Mr Macron. Car je peux effectivement être hyper bienveillante et à l’écoute et en même temps être autoritaire et directive. Je peux être drôle et faire des blagues graveleuses et en même temps être très sérieuse. Pourquoi devrions-nous être dans une seule case ?

J’suis trop compliqué, je n’choisirai jamais 
Que les deux côtés, ne me demandez 
Pas où je veux aller, même les singes singent les sages 
Et tous ces sages ont fait des cases où tous nous ranger 

J’ai décidé de ne plus être mise dans une case

Je veux être juste moi. Néanmoins, cela signifie qu’il faut accepter de ne pas être consensuelle et de ne pas être forcément appréciée. Et, pour beaucoup d’entre nous, c’est le plus dur. Même si nous savons que nous ne pouvons pas plaire à tout le monde, dans notre for intérieur, on espère toujours que ce soit possible.

On prend des boîtes, on y range les gens qu’au fond jamais, jamais l’on ne comprend 
Comme l’Homme est fait de mille boîtes, ces boîtes que l’on prend ne sont jamais assez grandes 
J’ai suivi mille chemins et serré dix mille mains 
On peut aimer Brel et Megui, aimer même nos ennemis 

J’ai toujours eu le sentiment d’avoir dû rentrer dans une case. Est-ce spécifique aux grands groupes ? Est-ce ma personnalité qui ne correspondait pas au monde de l’entreprise ? Pourquoi parlons-nous de diversité et qu’on n’accepte pas les gens tels qu’ils sont ? Quand j’ai annoncé que je quittais ma boîte, un collègue qui lui même avait des difficultés à se faire au système de l’entreprise m’a dit spontanément : « j’étais persuadé que tu t’y étais faite ».

J’suis trop compliqué, je ne rentrerai jamais 
Dans vos petites cases, je vis au jour le jour 
Alors je zigzague toujours avec ces lunettes noires 
J’entends les gens se demander : « Quand est-ce que tombe le masque ? » 

Une décision après des années de souffrance en entreprise

Non, en réalité, je ne m’y suis jamais faite. Je suis passée par plusieurs phases. D’abord, je me suis voilée la face et je me suis persuadée que j’étais comme les autres. Ensuite, j’ai souffert parce que je ne comprenais pas pourquoi j’avais toujours autant de difficultés à être acceptée. Ensuite, j’ai compris qui j’étais et j’en ai joué. Je me suis même un peu amusée à jouer ce rôle. Et puis, un jour comme (encore) une évidence, je dis STOP ! Ainsi, à cet instant, je décide donc de reprendre ma liberté !!

T’es entré dans ma vie, ô ma liberté chérie 
La vie, c’est des envies, l’envie avant les avis 
T’es entré dans ma vie, ô ma liberté chérie 
La vie, c’est des envies, l’envie avant les avis 

Je ne savais pas du tout où tout cela allait ou pouvait me mener. Je doutais encore à ce moment précis d’être capable de me défaire de cette cage dorée. Et pourtant, je ne pouvais plus faire machine arrière. A cet instant, je savais. Et comme Jonathan Lehmann, le cumul de cette évidence avec d’autres facteurs m’ont poussé à prendre une décision radicale : changer de vie et d’entreprise !

6 Commentaires

  1. J’ai souvent pensé à quitter cet endroit. Par peur, commodité ou autres raisons je ne l’ai pas fait. Des clashs il y en a eu et il y en encore. Quand comprendront-ils ? Je ne sais pas. Mais j’ai bien fait finalement de ne pas partir. Car comment aurais je pu te rencontrer. On prends le train ou on reste sur le quai…. on me l’a souvent dis. Le train je l’ai pris plusieurs fois mais le dernier que j’ai pris il y 5 ans m’as rendu plus forte plus grande, plus moi….. ma liberté a moi aujourd’hui c’est de dire tout haut ce que je pense et tant pis pour les retombées. Car je sais qu’un jour je briserai cette chaîne qui me lié à cette entreprise…..

    1. oh mon dieu ! Quelle révélation pour moi ! Tu continues à m’épater.
      Merci de partager ce témoignage avec nous.
      Peu de personnes sont capables de se remettre autant en question.
      Je suis si heureuse que nos chemins se soient croisés !

  2. Trop heureuse ce matin de voyager en ta compagnie.
    J’ai adoré la lecture de cet article … on n’est jamais comme les gens souhaiteraient que nous soyons… que ce soit au travail, dans la famille, il faudrait être lisse, ou au contraire rentre dedans … mon problème est différent du tien. On ne m’entend pas assez je crois, je suis « trop » sensible, « pas assez »… bref, j’ai appris, j’ai pris des baffes, mais j’ai décidé d’être moi et de l’assumer.
    Si ça ne plaît pas tant pis, je ne suis pas elle ou lui, je suis moi avec mes qualités et mes défauts. J’ai la chance finalement
    de ne pas être haute dans la pyramide, ça aide probablement à pouvoir être soi.
    Les entreprises ne se rendent pas compte aujourd’hui que c’est souvent la différence qui fait avancer !… c’est bien dommage. On a perdu tes différences mais on ne t’a pas perdu complètement grâce à ce blog. Continue. J’adore !

    1. Merci beaucoup Claire !
      Ce sentiment est partagé car c’est toujours un grand plaisir de te lire.
      Je suis heureuse que cet article fasse écho à ton expérience.
      Au plaisir de lire et relire tes commentaires !

  3. Article très attendu!!! Tellement vrai et sincère …
    D’abord on a la volonté de rentrer dans cette superbe entreprise grande, forte, renommée, admirée, jalousée. La fierté d’avoir réussit à décrocher le poste dans ce monde de la grande entreprise. On assouvit sa curiosité de découvrir, de s’étonner.
    Et puis, le premier clash, début d’une longue série … dans laquelle on te demande de « changer », être moins réactive, moins émotionnelle,… se remettre en question pour évoluer OUI mais à quel moment on passe dans le « s’oublier soi-même »
    Tu as bien raison, il faut parfois briser les barreaux de la cage dorée pour apprécier le monde autour avec ses défauts, ses courbures et ses lignes biscornues.
    Vivement la suite, celle du feedback sur ta nouvelle vie et si tu y trouveras TA liberté chérie…

    1. Merci beaucoup Alice pour le partage de ton expérience. Nous nous ressemblons tant !
      Je ne manquerai pas dans 1 an de vous faire le bilan.
      Néanmoins, je suis sûre d’une chose : j’ai retrouvé ma liberté chérie :))

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